Les 4 habiletés que tout sportif devrait maitriser pour bien bouger.

En tant que préparateur physique, j'ai plus de 10 ans d'expérience dans le coaching de sportifs, et presque autant d'années à utiliser les principes de Reprogrammation Neuro-Posturale dans l'évaluation et l'entraînement pour améliorer le mouvement. (Je tiens à vous rassurer, en dix ans, mon système d'entraînement a considérablement évolué et ne ressemble plus à celui de ses débuts. Ce que vous découvrez aujourd'hui est le résultat de mes réflexions pratiques et de mes recherches menées tout au long de ces dix années !)

 

Au fil de ces années, j'ai constaté qu'en dépit de l'approche de plus en plus complexe et précise que nous pouvons développer, il existe quatre habiletés / compétences fondamentales que chaque sportif, voire chaque individu, devrait maîtriser.

Avant d'expliquer en détail ces quatre compétences, revenons aux bases de la Reprogrammation Neuro-Posturale. Ces bases sont essentielles pour comprendre comment ces compétences interagissent pour améliorer le mouvement dans son ensemble.

 

 

Pour comprendre les fondements du mouvement, il est essentiel de se pencher sur le fonctionnement du système nerveux. En effet, notre capacité à bouger est orchestrée par notre cerveau, qui envoie des directives à nos muscles sur la manière de se mouvoir. Cela souligne l'importance du cerveau dans le processus de mouvement, un fait souvent sous-estimé.

En tant que professionnels dédiés à l'étude du mouvement, il devient donc primordial de s'intéresser de près aux mécanismes de fonctionnement du cerveau.

Pour approfondir notre compréhension de ces processus, nous explorons la boucle de perception-action, également connue sous le nom de boucle sensori-motrice. Ce concept clé nous permet de décomposer et d'analyser plus finement la façon dont le cerveau interagit avec le reste du corps pour produire le mouvement

 

La boucle sensori-motrice; comment bouger !

porCette boucle sensori-motrice se décompose en 4 étapes, où le sensoriel vient alimenter le moteur; où les informations sensorielles permet le mouvement:

  1. La prise d'informations sensorielles par divers récepteurs, tels que le système vestibulaire, la proprioception (peau, muscles, tendons, etc.), le système visuel, olfactif, gustatif et auditif, regroupés sous les termes de proprioception, extéroception et interoception.
  2. Le traitement de ces informations par le système nerveux central.
  3. La prise de décision pour un mouvement volontaire efficace et efficient.
  4. L'exécution de la commande motrice volontaire pour réaliser le mouvement.

 

 

Cela peut sembler complexe, mais en pratique, cela se résume à :

  1. Mes yeux voient ma tasse de café (mon odorat la sent ;))
  2. Le cerveau traite ces informations visuelles pour évaluer la distance et l'emplacement exact de la tasse.
  3. Le cerveau décide du mouvement précis à réaliser pour saisir la tasse.
  4. Activation des muscles nécessaires pour prendre la tasse de café.

 

La conclusion à retenir est que la qualité du mouvement (étape 4) dépend de la qualité des étapes précédentes.

 

 

Maintenant que nous partageons une compréhension commune, abordons les quatre compétences essentielles que chaque sportif devrait maîtriser. Ces compétences sont le résultat d'une extrapolation des entrées sensorielles en qualités motrices, soulignant l'importance de la perception dans le développement de l'aptitude physique:

  • Bien voir
  • Bien s'équilibrer
  • Bien bouger
  • Bien intégrer

 

 

Bien voir

Bien voir concerne l'entrée sensorielle liée à la vision. Pour générer un mouvement à la fois efficace et efficient, une bonne vision est essentielle. Cela englobe toutes les capacités visuelles, y compris certaines des plus connues comme la vision périphérique, la capacité à saisir l'information visuelle, la convergence, ainsi que d'autres compétences oculomotrices.

Je me souviens du suivi d'un footballeur professionnel qui présentait un champ visuel nettement plus restreint d'un côté par rapport à l'autre. Ce qui compliquait sa situation, c'est qu'il occupait le poste de milieu défensif/relayeur. Avec un champ visuel réduit d'un côté, il est compréhensible qu'il avait tendance à perdre plus fréquemment le ballon lorsqu'un adversaire approchait par ce côté-là, et qu'il avait aussi tendance à se positionner systématiquement du même côté.

 

Bien voir.

Bien s'équilibrer

Bien s'équilibrer réfère à l'entrée sensorielle de l'oreille interne; ou le système vestibulaire. Notre oreille interne - et l'ensemble de ses récepteurs - permet à notre corps de s'équilibrer, se représenter dans l'espace, garder les yeux fixes pendant que la tête ou le corps est en mouvement. Imaginez l'espace d'un instant un basketteur qui perd la balle des yeux à chaque fois qu'il est en mouvement. Ca devient vite compliquer pour lui de performer. Pourtant, c'est ce qu'il se passe - tout proportion gardé - pour toutes les personnes qui ont un système vestibulaire mal calibré.

*L'équilibre est étroitement lié à l'entrée sensorielle provenant de l'oreille interne, également connue sous le nom de système vestibulaire. L'oreille interne, avec ses nombreux récepteurs, joue un rôle crucial en permettant à notre corps de maintenir son équilibre, de se situer dans l'espace et de garder les yeux stables pendant que la tête ou le corps bouge.

Imaginez, par exemple, un joueur de basket qui perdrait de vue le ballon chaque fois qu'il bouge : sa performance en serait grandement affectée. C'est une situation similaire, bien que moins extrême, pour les personnes dont le système vestibulaire est mal calibré.

 

Bien s'équilibrer.

Bien bouger

La catégorie la plus fréquemment entraînée dans le monde de l'entraînement concerne, en partie seulement, la somesthésie, c'est-à-dire la perception proprioceptive et tactile. Plutôt que de détailler tous les récepteurs, concentrons-nous sur le concept de 'mapping', ou la capacité à se représenter le corps dans l'espace. Prenons l'exemple d'une personne peu sportive. En effet, la Reprogrammation Neuro-Posturale (RNP) n'est pas réservée exclusivement à l'amélioration des performances de haut niveau mais vise également l'ajustement pour toute personne désireuse de bouger sans tension, contrainte ou compensation.

Imaginez une personne ayant une perception inadéquate et une stimulation insuffisante des récepteurs somesthésiques autour du dos. En prenant en compte divers récepteurs, tels que ceux des muscles, articulations et ligaments, le manque d'information proprioceptive dans cette zone peut rendre chaque mouvement du dos potentiellement risqué, augmentant ainsi le risque de tension ou douleurs. Cette situation met en lumière l'importance d'une bonne calibration proprioceptive pour une mobilité sûre et efficace.

 

Bien bouger.

L'élément unificateur : Bien intégrer

Les trois habiletés mentionnées sont cruciales pour un athlète souhaitant maintenir un état de santé optimal, car elles contribuent à la calibration précise de la boucle sensori-motrice.

En reprenant le concept initial de la boucle sensori-motrice (référence à la première partie de cet article), une information sensorielle inadéquate peut entraîner une réaction ou un mouvement incorrect : inefficace, compensatoire, adaptatif, et potentiellement risqué pour l'organisme.

La capacité à bien voir, à bien s'équilibrer, et à bien bouger constitue les fondements moteurs essentiels pour un système nerveux calibré et sain.

Toutefois, il est important de ne pas négliger la quatrième habileté, qui joue également un rôle vital dans l'optimisation de la performance et de la santé globale d'un sportif.

 

Bien intégrer

Il serait possible de consacrer tout un article uniquement à cette habileté. Cependant, nous allons essayer de rester aussi concrets que possible. Bien intégrer signifie aussi avoir la capacité d'intégrer les trois habiletés mentionnées précédemment : bien voir, bien s'équilibrer, bien bouger. Cette intégration est souvent négligée dans le monde de l'entraînement.

Imaginez un système proprioceptif (bien bouger) développé au maximum, offrant un haut niveau de représentation, capable de mouvoir avec précision et rythme toutes les parties du corps (ce qui est déjà remarquable en soi), mais associé à un système vestibulaire (bien s'équilibrer) qui est au plus bas, perdant constamment l'équilibre... Il est évident que cela entraînera des compensations ou des "fuites d'énergie", ce que nous appelons "une non-concordance sensorielle". (Ceci sera développé dans un futur article).

Une des non-concordance sensorielles les plus connues ? Le mal des transports. Avez-vous déjà été dans un train et ressenti le mouvement d'un autre train à proximité, vous donnant l'impression de bouger alors que vous êtes immobile ? Voilà l'idée. Une des formes de mal des transports découle de cette discordance entre le système visuel et le système vestibulaire.

 

Bien intégrer.

Le mot de la fin

L'objectif à travers la Reprogrammation Neuro-Posturale est de calibrer précisément l'ensemble des différents récepteurs sensoriels, individuellement puis en les intégrant ensemble dans le mouvement. C'est ainsi que nous parvenons à créer un mouvement optimal.

 

Notre but final : calibrer la boucle sensori-motrice pour un mouvement optimal. Nous utilisons les entrées sensorielles pour accéder au système nerveux, et donc au mouvement global.

Si vous souhaitez approfondir ces concepts, je vous propose une formation de 30 minutes comprenant plusieurs exercices à tester avec vos clients : Formation offerte de 30min.

 

 

 

C'est tout pour moi ! 

 

Seb