Comprendre les réflexes primitifs en 5min

Les réflexes primitifs - ou archaïques - font actuellement l'objet de nombreuses discussions, qu'elles vantent leurs mérites ou qu'elles soulignent l'absence d'articles prouvant leur utilité chez l'adulte. Dans les prochaines lignes, je vais vous expliquer ce qu'est un réflexe primitif en moins de 5 minutes afin que vous puissiez forger votre propre opinion !

 

5 minutes, c'est parti !

 

Comment bougeons-nous ?

Commençons par... ne pas parler de réflexe ! Pour comprendre comment nous bougeons, il est essentiel de remonter à la source. Vous êtes-vous déjà demandé comment nos mouvements se produisent ?
C'est justement cette réflexion qui m'a conduit à poser des questions et à trouver des réponses que je vais partager avec vous.

 

Inutile de faire une pause pour chercher sur Internet, je vais vous révéler la clé. Nous bougeons en contractant des muscles ! Révolutionnaire, n'est-ce pas ? Mais comment contractons-nous nos muscles ? La réponse est simple : "les mouvements volontaires du corps sont commandés par le cerveau".
Cela signifie que pour bouger, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement du cerveau et, par extension, du système nerveux dans son ensemble.

 

 

Le système nerveux fonctionne selon la boucle sensori-motrice. Comme son nom l’indique: sensori- qui fait référence au système sensoriel, et -motrice, qui fait référence au système moteur. Le sensoriel et le moteur sont donc intimement liés.

La question à se poser est la suivante : qui s'est réellement intéressé au système sensoriel lorsqu'il s'est penché sur le mouvement ?

 

 

Et les réflexes primitifs dans tout ça ? Nous y viendrons un peu plus tard.

Exposons dans un premier temps le fonctionnement de cette boucle.

La boucle sensori-motrice ne se limite pas au système sensoriel et moteur ; elle comprend d'autres étapes. De manière simplifiée, nous pouvons distinguer 4 étapes :

  1. La prise d'informations sensorielles par divers récepteurs, tels que le système vestibulaire, la proprioception (peau, muscles, tendons, etc.), le système visuel, olfactif, gustatif et auditif, regroupés sous les termes de proprioception, extéroception et interoception.
  2. Le traitement de ces informations par le système nerveux central.
  3. La prise de décision pour un mouvement volontaire efficace et efficient.
  4. L'exécution de la commande motrice volontaire pour réaliser le mouvement.

 

 

Cela peut sembler complexe, mais en pratique, cela se résume à :

  1. Mes yeux voient ma tasse de café (mon odorat la sent ;))
  2. Le cerveau traite ces informations visuelles pour évaluer la distance et l'emplacement exact de la tasse.
  3. Le cerveau décide du mouvement précis à réaliser pour saisir la tasse.
  4. Activation des muscles nécessaires pour prendre la tasse de café.

 

La conclusion à retenir est que la qualité du mouvement (étape 4) dépend de la qualité des étapes précédentes.

 

 

Définition: un réflexe - primitif -

Mais, et les réflexes primitifs dans tout ça ? Nous en parlerons un peu plus tard, car pour comprendre un réflexe primitif, il faut d'abord comprendre ce qu'est un réflexe.

 

Un réflexe est une réaction involontaire du système nerveux face à une stimulation des récepteurs proprioceptifs, extéroceptifs ou interoceptifs. Il s'agit d'un arc réflexe involontaire, où certaines étapes de la boucle sensori-motrice ne sont pas impliquées. L'étape 4, la commande motrice volontaire, est exclue, rendant le réflexe involontaire.

 

Dans le contexte des réflexes primitifs, ces réponses automatiques sont présentes dès la vie intra-utérine pour assurer la survie du bébé. À ce stade, la boucle sensori-motrice est immature. Nous n'entrerons pas dans les détails de tous les réflexes, mais si cela vous intéresse, n'hésitez pas à commenter pour indiquer quel réflexe vous souhaitez approfondir dans un prochain article.

 

Prenons par exemple le réflexe d'agrippement palmaire qui est développé dans notre formation - les fondations.
Comme son nom l'indique, il se manifeste par une fermeture de la main lors d'une stimulation tactile. Ce réflexe est adorable chez un bébé qui serre votre doigt lorsqu'on le met dans sa main.
Cependant, chez l'adulte, sa persistance peut entraîner des réponses involontaires lorsqu'il tient un objet, comme une tension excessive dans la main, l'avant-bras, le coude, etc.
Ces réactions involontaires peuvent se traduire par un manque de coordination et de précision lors de l'utilisation de la main, par exemple, des difficultés dans les lancers de balle ou l'écriture.

 

A travers son développement, si le bébé et l'enfant ne stimulent pas suffisamment sensoriellement le sens tactile de la main pour inhiber ce réflexe, le système nerveux n’a pas l’opportunité de se câbler et maturer. Le caractère involontaire restera prépondérant sur l’acte volontaire.

 

L'inhibition des réflexes vise à éliminer ces parasites du mouvement, à câbler le système nerveux et à rendre chaque étape de la boucle sensori-motrice plus efficace.

 

 

Sommes-nous obligés d'inhiber et de travailler sur ces réflexes primitifs ?

Oui et Non.

Non, si nous travaillons sur l'ensemble des informations sensorielles (étape 1 de la boucle sensori-motrice) ainsi que les étapes suivantes..

Oui, pour gagner du temps. En effet, ces réflexes agissent comme des autoroutes d'informations pour calibrer rapidement le système nerveux. Travailler sur les réflexes revient à utiliser un "cheat code" dans le jeu du mouvement. C'est un peu comme commencer un jeu vidéo avec vie illimitée et toutes les armes !

 

 

Le mot de la fin

Nous voilà à 5 minutes !

En résumé, un réflexe primitif n'est rien de plus qu'une version primitive de la boucle sensori-motrice. Il s'agit d'un outil dans l'optimisation du mouvement, un "cheat code" puissant pour exploiter pleinement son potentiel.

 

 

P.S.: Il n’y a pas d’un côté la neurologie fonctionnelle et de l’autre les réflexes primitifs; C’est la même chose.

 

 

C'est tout pour moi ! 

 

Seb